La nécessité de réduire le risque de collision des oiseaux sur les éoliennes suscite de très nombreuses études et recherches. Pourtant, ce sujet est le plus souvent seulement abordé en « comptant les cadavres », ce qui ne permet pas d’expliquer précisément les conditions de ces collisions.
Chez Biodiv-Wind, nous avons toujours pensé que nous ne pourrons apporter des solutions pertinentes à ce problème qu’en comprenant ces évènements. Mais encore faut-il les « voir ».
C’est pour cela que depuis 10 ans, nous proposons aux opérateurs éoliens non seulement de détecter les oiseaux s’approchant des éoliennes, mais aussi de détecter les collisions en observant en continu les intrusions dans le rotor.
Grâce à cette approche, et même si les images de collision ne sont pas plaisantes à regarder, nous avons pu documenter plusieurs dizaines d’évènements de collision sur un grand nombre d’espèces d’oiseaux diurnes.
Nous diffusons ici nos résultats concernant l’étude des corrélations entre la vitesse de rotation des rotors et le nombre de collisions pour trois espèces de rapace : le Milan royal, le Faucon crécerelle et le Vautour fauve.
Ces résultats indiquent que ralentir les rotors permet effectivement de réduire le risque de collision. Mais ils permettent aussi de documenter pour la première fois que des collisions peuvent intervenir même lorsque les rotors sont à l’arrêt ou quasiment à l’arrêt.
Enfin, nous démontrons qu’il existe, pour le Faucon crécerelle et le Vautour fauve, des vitesses de rotation des éoliennes significativement plus accidentogènes, alors que les tendances pour le Milan royal sont beaucoup moins nettes.
Cette étude permet aussi de montrer qu’un arrêt total des éoliennes n’est pas nécessaire pour réduire significativement le risque de collision, ce qui ouvre la voie à une meilleure conciliation entre la préservation des espèces et la production électrique, sous réserve d’un management plus fin des éoliennes.
D’autres travaux sont actuellement en cours afin d’intégrer d’autres espèces, mais aussi d’étudier les autres paramètres pouvant expliquer les collisions (comportements, conditions stationnelles, etc.).
Bonne lecture !